Il y a banquise et banquise... Ne pas confondre ! La banquise d'un mètre d'épaisseur qui se forme en hiver et fond au printemps ne nous intéresse pas. Tout l'enjeu concerne les banquises pluriannuelles qui s'épaississent d'années en années tant que l'océan Glacial Arctique reste gelé. Ce sont ces grandes glaces qui équilibrent le climat de l'hémisphère boréal et dont nous suivons le destin. Leur épaisseur nous permet de voyager avec elles, ce qui est impossible avec la banquise saisonnière, praticable uniquement en hiver, et qui cède la place à l'eau libre courant mai.
« Tout a commencé en 1999, lorsque je me retrouvai accidentellement prisonnier de la banquise crachée par l'océan Glacial Arctique... Emporté par les éléments, je n'étais plus maître de mon destin. Or cette expérience, au demeurant très angoissante, m'a progressivement éveillé, et m'a introduit à une autre interprétation des choses. Serait-il possible d'accompagner la dérive des banquises ? Oui, j'en avais reçu la preuve, mais il me fallait me tourner vers les récits du 19e siècle pour trouver des précédents... Dix ans furent nécessaires pour que, le projet mûri, je rencontre enfin un partenaire prêt à s'engager dans l'aventure : Luc Dénoyer. Nous nous sommes lancés la première fois en juin 2009 et nous avons tout appris... Oui, sous certaines conditions, une telle aventure est possible. Elle peut aussi être partagée. Ce milieu dépasse en beauté tout ce que j'ai pu admirer dans l'Arctique. Si nous n'allons pas à sa rencontre aujourd'hui, demain il sera trop tard. Nous serons les derniers témoins de ce que la Terre peut produire de plus irréel, de plus puissant et de plus symbolique. Puisque nous ne pouvons pas retenir les banquises polaires, alors sachons les regarder, osons nous présenter à elles, et témoignons pour nos enfants qui n'auront jamais plus notre chance. Sans les glaces polaires pour gouverner l'équilibre thermique du globe, le monde, notre monde, ne sera définitivement plus le même. » Emmanuel Hussenet
Vous êtes artiste et vous envisagez, comme Daniel Larrieu, de réaliser un travail au contact des glaces ? Sous certaines conditions, nous pouvons vous emmener. Ecrivez-nous pour en savoir plus. contact@lesrobinsonsdesglaces.org
Comment dans une situation climatique, comment dans un paysage momentané et sidérant, témoigner de la lente et définitive fonte des glaces ? Dans une dizaine d’années, ce paysage n’existera plus. Comment danser çà ? La disparition. Dire par le corps, le moment, le singulier. »
« J’ai compris vite que Les Robinsons des glaces cherchaient l’invisible, une sensation de notre appartenance à la planète Terre, de notre attachement à témoigner, chacun à sa manière, de l’extraordinaire changement climatique, de ses conséquences irréversibles, ici les paysages du Grand Nord. Et cette invitation sur les banquises pluriannuelles sonne comme un acte poétique et un engagement moral. Un écosystème qui vient résonner dans le milieu culturel de l’urgence à transmettre autrement. Danser là.
Artistes témoins
Les Robinsons des glaces ont accueilli Daniel Larrieu , danseur et chorégraphe, sur la côte oreintale du Groenland pour qu'ils aborde la banquise dérivante et témoigne à son tour. Une disparition, danse pour une dérive, "ICE DREAMS"
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Dans quelques années, les glaces polaires représentées sur cette photo auront disparu. Pour nous, il est question de suivre le cheminement des dernières grandes banquises, de témoigner du crépuscule des glaces avec nos gestes, notre regard, nos mots. Et de léguer une trace sensible aux générations à venir.
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